Les dates de péremption : face au comportement des consommateurs

Ah, nous, les consommateurs. En recherche de plus de pouvoir et de transparence sur notre alimentation. On aime savoir ce qu'on aime. Et avouons-le, on aime avoir le contrôle. 

Allons faire un tour du côté de notre comportement face aux dates de péremption. Parce que c'est drôle. Et intéressant aussi. 


De la défiance dans l'air entre consommateur et industriel

Quand bien même, la relation de confiance est établie de base, parfois elle s'ébranle. Comme toute relation de confiance quand on a l'impression de ne plus trop savoir ce qu'il se passe. 

Ce qu'il se passe donc, c'est que les industriels écrivent des indications sur leurs paquets, mais savent que peu de gens les lisent. Comme ils sont responsables de leurs produits et qu'ils définissent leurs dates de péremption, ils ont tendance à anticiper les pires comportements pour ne pas se retrouver à empoisonner des gens. 

Et les consommateurs, eux, à force de ne plus savoir à quoi se fier, finissent par ne se fier qu'à eux-mêmes. grosso modo. 

Et là, forcément, les dates de péremption en prennent un coup. 

Un coup, comme ça


Le comportement alimentaire est très influencé par les habitudes

Malgré les règles, les conseils, finalement, on consomme tous un peu comme nos parents le faisaient, ou comme nos colocs le font, ou comme on aimerait le faire. En ce qui concerne l'alimentation c'est un peu "je fais comme je le sens".

On peut retenir 4 facteurs principaux : 

  • La force de l'habitude qui nous fait rapidement oublier les indications écrites sur la packaging ;
  • Les normes sociales : on met les fruits dans une corbeille, les oeufs au frigo ;
  • La présence de messages contradictoires qui nous embrouillent : les oeufs sont vendus au rayon sec mais il est écrit dessus "conserver au frais". D'ailleurs savais-tu qu'on a commencé à mettre les oeufs au frigo le jour où on a inventé des emplacements à oeufs spécial frigo ? Les oeufs n'ont pas besoin d'aller au frigo ;
  • La règle du 2 poids 2 mesures : on ne donne pas aux enfants ou aux personnes fragiles ce qu'on mangerait soi-même, par gage de sur-précaution. 

Tes oeufs aiment se reposer dans l'herbe


Le manque de sensibilisation pousse à des comportements soit trop précautionneux soit trop hasardeux

On est toujours trop peu à comprendre les dates de péremption. D'après une étude européenne, un petit flash eurobarometer : 

  • Seulement 47% des consommateurs comprennent ce qu'est une DLC ; 
  • Seulement 40% des consommateurs comprennent ce qu'est une DDM ; 
  • 1/4 des répondants pense que la signification de la date dépend du type de produit sur lequel elle est apposée. 

Si tu fais partie de ces pourcentages, tu peux toujours mieux comprendre les dates ici !

Pour aller encore plus loin, le comportement des consommateurs n'est pas non plus le même. D'après une étude du WRAP : 

Les plus âgés, eux, font plus confiance à leurs sens que les plus jeunes qui montrent une confiance renforcée dans les dates. 

Il y a donc pas mal de boulot pour retrouver de la confiance dans notre consommation et mieux comprendre ce que veulent nous dire nos dates. 


Mais alors qu'est-ce qu'on fait ? 

  • On repense les informations inscrites sur le packaging pour mieux informer

Et ça, ça passe par rendre les dates et les mentions plus lisibles et les mettre à côté. Mais aussi prévoir un encart pour qu'on puisse écrire sur le paquet à quel moment on l'a ouvert et donc savoir quand il faut le manger !

  • On révise la mention des DDM 

Les Dates de Durabilité Minimale s'écrivent "à consommer de préférence avant le/fin" et se réfèrent seulement à la qualité nutritionnelle et organoleptique du produit (goût, saveur, texture..). Après cette date, le produit ne présente pas de risques pour la santé, tu peux donc le manger : tes pâtes, ton riz, ton café, ton thé, tes biscuits....

Too Good To Go a lancé sa pétition #ChangeTaDate qui a recueilli 60 000 signatures pour demander aux marques de rajouter "à consommer de préférence avant... mais aussi après" sur leurs paquets. Quoi de plus simple que de l'expliquer ? 

  • On fait des campagnes de sensibilisation

A la télé, à l'école, au sein des supermarchés pour en parler, partager et devenir toujours plus en contrôle de notre alimentation. On a du pouvoir que quand on sait de quoi ça parle ! Alors parlons-en !


Et l'éducation, ça commence par toi ! Fais des blagues à base de chiffres de gens qui jettent leurs produits un jour avant leur péremption. Les foules vont se marrer. 

Sur ce sujet, on a fait un livre blanc ! Oui oui, rien que ça :

Clique ici pour télécharger (et lire) notre livre blanc "Les dates de péremption, une idée dépassée ?" !

Et pour tout comprendre en vidéo, c'est par ici :


Rose Boursier-Wyler
Responsable Affaires Publiques