Le gaspillage alimentaire : qu'est ce qui va changer d'ici 2021 ?

Entre juillet et décembre 2017 ont eu lieu les États Généraux de l'Alimentation. Des réunions, des réunions, des réunions. Beaucoup d'acteurs mis autour de la table : la société civile, les associations, les industriels, les agriculteurs, pour discuter des points de blocage, comprendre comment avancer, soumettre des pistes d'amélioration, bref, penser le monde de l'alimentation de demain. De ces Etats Généraux a émergé myriade d'idées. De cette myriade d'idées a émergé une proposition de loi : EGAlim. D'EGAlim a découlé des heures et des heures de débat (d'ailleurs si vous êtes curieux, allez y faire un tour, democracy time show). De ces heures et ces heures de débat à été voté une première proposition de loi.


On ne va pas s'attarder sur les amendements rejetés (beaucoup), les sujets écartés et les blagues de mauvaise foi qui jaillissent parfois en débat. Non. On va se concentrer sur les avancées qui concernent la lutte contre le gaspillage alimentaire. Parce que c'est notre projet.

Et comme on aime le rythme ternaire, on va le faire en trois points (en vrai, c'est parce qu'il n'y a que trois points, on n'a pas fait exprès, mais on aime quand même le rythme ternaire).



La restauration collective, sus au gaspi


L'histoire de la restauration collective commence quelque part. Mais cette histoire ne nous intéresse pas. Ce qu'il faut retenir c'est que la restauration collective gaspille et qu'il était grand temps de commencer à penser à faire quelque chose. Alors certes, la nourriture de cantine scolaire et d'entreprise ne fait pas toujours chavirer les amoureux de la cuisine, mais encore une fois, c'est une histoire qui ne nous intéresse pas. EGAlim veut étendre les pratiques de l'anti gaspi à la restauration collective en l'obligeant à faire un diagnostic et un état des lieux de ses pertes. D'une part, pour les réduire en amont : quid d'assiettes trop grandes ? D'une qualité trop moindre ? D'une flexibilité faible ? Que sais-je ? Puis ensuite, pour favoriser le don, la valorisation, le partage. La vie en somme hein.




Les doggy bag, quand le bon sens fait débat


Qui peut véritablement s'opposer à la liberté de pouvoir emporter chez soi les restes de ce qu'on a mangé dans un restaurant ? Parce qu'on ne finit pas toujours son assiette, parce que la personne avec qui on partage son repas peut nous foutre en l'air les entrailles, parce que Robert Pattinson vient d'arriver à la table d'a côté et qu'on arrive pas à savoir si c'est lui ou un sosie (je cite Rob parce que c'est une histoire vraie, autrement j'aurais mieux cherché), parce qu'un orage explose et que les orages coupent la faim. Bref, parce que se garder un petit plaisir pour plus tard, c'est aussi bien, et c'est toujours mieux que la poubelle. J'ai toujours demandé à emporter mes restes, on ne me l'a jamais refusé. La plupart des restaurateurs font de la vente à emporter aujourd'hui, parce qu'on aime se faire livrer devant Stranger Things et qu'on vit dans un monde de confort, donc ils ont généralement de quoi vous rendre ce service. Alors certes, les emballages qui s'en suivent ne sont pas une solution optimale, mais encore faudrait-il pouvoir aborder le sujet de la consigne. Les solutions existent. Avançons. Le doggy bag est la première étape dans la création de cette boucle vertueuse que l'on réclame depuis des années.


En 2021 donc, les restaurateurs auront l'obligation d'avoir à disposition des emballages pour proposer à leurs clients en pleine rupture amoureuse d'emporter leurs restes chez soi pour se consoler. En 2021, demander un doggy bag ne sera plus honteux. Mais 2021 c'est loin, pensez à le faire de votre côté ! Et au cas où un tupperware traine dans votre poche, proposez-le. Le monde n'attend que vous.


Une image libre de droit sur google lorsque l'on tape "doggy bag". Littéral. Propre.



Dates de péremption et gaspillage alimentaire, une relation compliquée


ENFIN. Enfin presque. PRESQUE. 20% du gaspillage alimentaire dans les foyers vient du fait que les dates de péremption sont mal comprises, prises à la lettre, bref, un débâcle. Mais comme il faut du temps au temps, le gouvernement a demandé à la Commission du Développement Durable avec l'ADEME de fournir un rapport sur ce sujet d'ici un an. C'est une nouvelle formidable. En attendant de trouver un accord, vous pouvez relire le bon exemple de la Norvège et la différence entre DLC et DDM. On y bosse dur dur de notre côté aussi.



Rien n'est parfait. Même pas moi. Mais restons encore capables de nous réjouir de tous petits pas pris dans la bonne direction. Ce sont les petits pas qui mis côte à côte et accélérés, font des (wait for it...) grands pas. Drop the mic.

Rose Boursier-Wyler

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